Comme annoncé, le Conseil de l’Ethique publicitaire présidé par Dominique Wolton a publié son premier rapport à l’occasion de l’Assemblée générale du BVP, le 25 avril dernier. Ce document va désormais chaque année fournir à l’extérieur un examen critique sur la production publicitaire de l’année écoulée, ainsi que sur le fonctionnement du BVP. On peut en prendre connaissance sur le site web du BVP. Ce rapport a été ainsi rendu public, ce qui permet de souligner l’intérêt d’utiliser la publicité dans son sens d’origine (rendre public) pour juger de cette communication particulière qu’est la publicité.
De même que le BVP rend publics les manquements qu’il lui revient, heureusement rarement, de signaler lorsqu’ils contreviennent aux règles de la profession, de même il se soumet désormais lui aussi à un examen livré à la scène publique. On critique souvent l’autorégulation publicitaire, et le BVP, pour leur absence de sanctions coercitives : en effet dans ce système, il n’y a ni amende, ni prison. Mais il y a beaucoup plus : mettre en cause sur la place publique le comportement professionnel, et donc la réputation, d’un annonceur, d’une agence ou d’un support est très pénalisant. Dans la justice fiscale, on voit ainsi des fraudeurs préférer de loin payer une amende plutôt que figurer dans une annonce légale publiée dans la presse. Tous les gestionnaires des collectivités publiques redoutent la Cour des Comptes, non pas à cause des sanctions financières, assez rares, qu’elle peut prendre, mais en raison de la publicité de son Rapport annuel, qui est repris dans tous les journaux. Rendre publics le résultat du contrôle de l’administration est à la base d’une saine gestion de l’Etat. Comme d’ailleurs les entreprises soumises au contrôle de leurs actionnaires et parfois, lorsqu’elles sont cotées, de celui du public.
Une marque, qui capitalise pendant des années l’actif immatériel qui lui assure la confiance du consommateur, ne peut risquer de le mettre en cause et d’être placée au ban de la profession par ses pairs réunis au sein du BVP . Les organisations de consommateurs qui connaissent le marché de la publicité savent combien est sérieuse une telle sanction. Désormais le BVP se soumet lui aussi au risque d’une telle publicité. En acceptant de voir livré à la scène publique le jugement que, chaque année, des personnalités indépendantes vont émettre au sujet du comportement de la publicité et de son organe d’autodiscipline, les entreprises et les professionnels de la publicité ont pris un risque dont ils mesurent l’importance. On laissera le lecteur conclure en prenant connaissance du rapport concernant 2005, et qu’il trouvera sur le site du BVP.
Jean-Pierre Teyssier, Président du BVP
